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Matignon soutient la presse en ligne

La presse traverse une zone de turbulences sans précédent qui l’oblige à se transformer radicalement. Le Centre d’analyse stratégique formule cinq recommandations.

capture-d-ecran-du-site-mediapart-le-7-juillet-2010_4683774Le constat est sévère mais réaliste: la presse traverse une zone de turbulences sans précédent qui l’oblige à se transformer radicalement si elle ne veut pas disparaître. Le Centre d’analyse stratégique (CAS), qui dépend de Matignon, a publié hier une note sur le sujet, qu’il juge «préoccupant».

L’érosion continue des ventes de journaux -qui est cependant moins violente en France que dans d’autres pays comme le Royaume-Uni- conjuguée à la baisse des recettes publicitaires -notamment générées par les petites annonces, qui ont migré sur Internet- a créé «un effet de ciseaux redoutable», souligne Vincent Chriqui, directeur général du CAS. En perte de vitesse, avec moins de moyens pour financer sa mutation numérique, le secteur cherche encore son modèle économique.

Passé ces constats et le rappel du rôle crucial de la presse d’information dans la préservation du pluralisme démocratique, le CAS estime que «l’innovation, alliée à la qualité du contenu, forme en définitive la seule véritable stratégie payante dans les années à venir».

La tablette, avenir de la presse payante

«L’information de qualité a un coût», rappelle le CAS, mais elle est menacée par la culture de la gratuité issue du Web. Ainsi, seuls 40% des 15-24 ans lisent un quotidien payant au moins une fois par semaine, contre 53% en 2000.

Dans ce contexte, la piste d’avenir la plus sérieuse est la consommation numérique, notamment sur tablettes (iPad, Samsung, Archos…). Ces dernières, ainsi que les liseuses (Kindle d’Amazon, Kobo by Fnac…), «redonnent à la presse en ligne la cohérence et la structuration qu’elle avait perdues sur les écrans d’ordinateur, et encore plus sur l’écran trop petit des smartphones», note l’étude. Elles permettent en particulier d’entrevoir une réhabilitation de la culture payante pour s’informer.

Pour créer l’environnement le plus favorable à cette révolution, le CAS préconise d’abord d’étendre l’opération annuelle «Mon journal offert» (abonnement annuel à un quotidien payant proposé aux 18-24 ans) à l’offre numé­rique des titres pour accélérer l’évolution des usages.

Il estime d’ailleurs que, pour aller dans le même sens, le soutien du fonds d’aide au développement des services de presse en ligne doit être conditionné à des «engagements en matière de développement de contenu enrichi et d’applications pour tablettes innovantes».

Parallèlement, le CAS recommande que la formation des journalistes aux nouvelles techniques de l’information en ligne accompagne le mouvement. Il propose la création d’un laboratoire de réflexion en ligne dédié à l’avenir de la presse. Enfin, il demande l’alignement du taux de TVA appliqué actuellement à la presse payante en ligne (19,6%) à celui de la presse papier (2,1%).

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